L'animal est un être vivant sensible Il va sans dire que ce dernier critère est très problématique pour les animaux vivant en captivité. En effet, l'espace est généralement insuffisant ou inadéquat pour que l'animal puisse exprimer les comportements propres à son espèce. Pensons au creusage de terrier pour le renard, au bain de poussière pour la poule, au fouillage du sol pour le porc (à l'aide de son grouin) ou encore à la chasse de proies pour les grands félins. La reproduction est aussi affectée en milieu zoologique chez certaines espèces animales qui nécessitent de très grands espaces pour se reproduire.
L'animal est un être vivant sensible. Il est donc capable de ressentir différentes émotions découlant de son ''plaisir'' ou de sa ''souffrance''. Cette sensibilité animale, une fois reconnue, nous oblige à se responsabiliser face aux maltraitances et aux abus de toutes sortes dont les animaux sont victimes. Elle nous oblige également à se responsabiliser face à la destruction des habitats naturels de plusieurs espèces animales (en danger d'extinction) et ce, partout dans le monde.
Quelle est l'attitude de l'humain envers l'animal ?
Généralement, l'attitude de l'humain envers l'animal varie selon la ''catégorie'' à laquelle il appartient. Énumérons ces catégories: l'animal de compagnie, d'élevage, de laboratoire, de chasse, de milieu zoologique et de milieu naturel. En tant que société, nous protégeons l'animal selon sa ''catégorie''. Par conséquent, l'animal ne bénéficie pas des mêmes égards selon la catégorie à laquelle il appartient. J'irais même jusqu'à dire qu'il y a une sorte de ''racisme'' animal.
La catégorie détermine l'utilité, voire''l'usage'' de l'animal et identifie globalement ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas.
Par exemple, dans certains pays tels que le Canada et les États-Unis, il est ''acceptable'' de confiner une truie dans une cage ou stalle de gestation pour une période d'environ 3 mois (la durée de sa gestation) où elle ne peut se retourner sur elle-même. Elle ne peut que se coucher et se lever. Les européens sont en avance sur les nord-américains puisqu'en 2011, il sera désormais interdit de placer une truie dans une telle cage.
Il est ''acceptable'' (en période de chasse) de chasser et de tuer des animaux à l'aide de fusil ou encore d'arc et de flèche (où la mort est loin d'être instantanée...). Il est ''acceptable'' de trapper des animaux à fourrure à des fins commerciales. Rappelons ici que le Canada est un gros fourmisseur de peaux d'animaux. En 2008, lors de l'encan annuel, plus de 8 millions de peaux d'animaux ont été vendu. Les acheteurs en provenance de 12 pays dont la Corée, le Japon, la Russie et la Chine se sont partagés la manne. Ces chiffres ont été dévoilés lors d'un reportage de Radio-Canada le 5 mars 2008 (émission ''C'est ça la vie). Au cours de ce reportage, nous avons fait la connaissance d'un comptable à cravate qui était ''trappeur'' 2 mois par année, car, selon ses dires, ''c'est très payant''...Oui, c'est payant de tuer des animaux: pour en faire des manteaux...
Il est ''acceptable'' de faire des expérimentations sur des rats, chats ou primates de laboratoire, puisque c'est pour l'avancement de la science...
''Apparemment'', ils sauvent des vies humaines par le sacrifice de leur propre vie. Les exemples de maltraitance et d'abus chez les primates de laboratoire sont nombreux et bien documentés. Les codes d'éthique sont souvent bafoués et la cruauté est de rigueur. 
Photo (gauche): expérience neurologique à l'aide d'électrodes implantées dans le cerveau.
Photo (droite): singe rhésus entraîné à sortir une patte pour de multiples prises de sang.
Est-il acceptable de chasser des primates pour s'en nourrir ou pour vendre de la viande de brousse? Est-il acceptable de chasser le cerf pour s'en nourrir ou pour commercialiser sa viande ? Est-il acceptable de chasser les dauphins, les baleines, les bébés phoques : la vue de ces massacres sanglants nous crève le coeur...
Et pourtant: y-a-t'il une différence entre un rat massacré, un chat dont le cerveau n'a plus que le nom pour l'avancement des recherches neurologiques, un primate mutilé à des fins d'expérimentation douteuse, un phoque au crâne défoncé gisant sur une banquise, un cerf qui se déplace péniblement avec une flèche dans le corps, un chien entrain de crever par maltrunition dans une usine à chiots, une famille gorille assassinée pour la capture des jeunes, un porc qui se débat sur le tapis roulant qui le conduit à la mort, un enfant bonobo privée de sa mère (tuée pour sa viande) et vouée à une mort certaine...un chimpanzé à qui on a injecté le SIDA...etc. Un élément caractérise tous ces exemples: la souffrance. Peu importe la catégorie d'un animal: il ressent la peur, l'anxiété, la douleur et la souffrance. Malheureusement, la souffrance de l'animal provient en grande partie de l'Homme: parfois par manque de connaissance mais aussi par soif de notoriété (recherche scientifique), par l'appât du gain ou tout simplement par cruauté.
Cas vécu: Eugène (macaque) a échappé aux massacres qu'il aurait subi, n'eût été de la Faune Domestique qui l'a adopté en 1987.
Sur la photo, Eugène se repose, chez lui...
Histoire d'Eugène (et quelques photos)
Comment peut-on définir le ''Bien-être Animal''?
Dans les faits, le bien-être animal est une notion mal comprise, mal définie et souvent inexistante, entre autre dans le milieu de l'élevage (il faut toutefois mentionner que certains producteurs font de considérables efforts pour le bien-être de leurs animaux, mais ils sont rares...). Encore une fois, le bien-être animal n'a pas la même signification selon les catégories d'animaux. Comment peut-on définir le ''Bien-être Animal'' chez les animaux vivant en captivité (laboratoire, élevage, milieu zoologique) ?
Par le respect d'un ensemble de critères qui sont les suivants:
De plus, en milieu captif (élevage, zoologique, laboratoire) l'animal est nourri par l'homme et le plus souvent à heure fixe. Il ne peut donc pas exprimer toute la gamme de comportements liés à la quête alimentaire. En milieu naturel, l'animal consacre la majorité du temps de son budget d'activités quotidiennes à la quête alimentaire. En milieu captif, la quête alimentaire est inexistante. D'où l'ennui et le développement de stéréotypies, de pathologies et même de différentes maladies. L'animal reporte son attention sur son environnement, sur ses congénères ou sur lui-même. L'enrichissement du milieu des animaux vivant en captivité contribue grandement au bien-être animal puisqu'il permet aux animaux d'exprimer leurs comportements naturels.
Enrichissement: De quoi s'agit-il?
La notion de ''bien-être animal'' est bien réelle.
En captivité, le ''bien-être animal'' peut être identifié et qualifié.
(cf: Enrichissement : De quoi s'agit-il ?)
Bien-être Animal et milieu naturel
Dans le milieu naturel, le bien-être consiste tout simplement à ''vivre'' sa vie d'animal: ce qui signifie d'exprimer en toute liberté toute la gamme de comportements innés à l'espèce en question. Malheureusement, pour plusieurs espèces animales, le bien-être est une notion en voie de disparition. La destruction des habitats, les captures, les massacres et les maladies (venant de l'homme) sont choses courantes. Il est vrai que plusieurs efforts sont mis de l'avant pour protéger les habitats naturels et les animaux y vivant. Plusieurs mesures ont été prises concrètement pour protéger les espèces menacées ou en danger d'extinction. Plusieurs millions de dollars sont injectés annuellement (argent provenant des gouvernements mais en grande partie par les dons de particuliers) dans différentes actions à ''saveur internationale'' visant à protéger les habitats et les animaux et dans l'instauration de programmes de sensibilisation et d'informations pour les populations locales (pensons à l'Afrique). On essaie maintenant d'avoir une vision plus globale des problèmes. Même l'Onu s'en est mêlé en mettant sur pied le GRASP. Toutefois, malgré les millions, la menace de l'Homme persiste. N'est-ce pas étonnant ? Malgré les millions, les animaux sont capturés pour les vendre comme animal de compagnie (orang-outan), capturés pour la vente sur les marchés illégaux (pour les zoos...), tués pour s'emparer des bébés, tués pour la viande, mutilés pour en faire des objets de souvenirs. N'est-ce pas étonnant ? Malgré les millions, les habitats continuent d'être détruits à un rythme effarant et effrayant: destruction au nom de l'agriculture, au nom de l'alimentation mais pire encore au nom de l'or noir... (le gorille des plaines gravement menacé par le passage des pipelines chinois...). N'est-ce pas étonnant ? Malgré les millions...Non, en fait ce n'est pas étonnant. L'appât du gain: c'est ce qui mène le monde...et qui conduit l'Homme à agir en roi et maître de la planète....sans se soucier des torts qu'il peut causer.
Dans le milieu international, plus l'organisme est gros, plus la lourdeur administrative gruge une large partie du budget: sans compter les galas annuels, les nombreux voyages en Afrique et en Asie, les beaux dépliants couleurs pour vous expliquer tout ce que l'organisme en question a fait et fera pour les animaux, les comptes-rendus de leurs nombreux voyages et de leur participation à des conférences outre-mer (bien sûr...) ou colloques ...etc. On se demande ce qui va réellement directement aux animaux. Malheureusement, dans les faits, une infime partie.
Il est donc préférable de donner directement aux petites associations ou organismes privés qui oeuvrent sur le terrain. En général, on y accueille les animaux blessés ou orphelins et on essaie de leur procurer une vie où le bien-être est une priorité. Dans certains cas, lorsque cela est possible et ce dépendamment de la région du monde, on essaie de retourner l'animal dans son milieu naturel. On agit également directement avec les populations locales pour les informer, les sensibiliser et faire en sorte qu'ils s'impliquent eux aussi dans la sauvegarde et la conservation des espèces animales menacées.
Pour voir les chroniques de Johanne sur le web:
http://www.machronique.com/johanneleclerc/
Pour informations: johanneleclerc@bienetre-animal.com